Incident
Maelys et Gabriel avaient 11 ans. A leur anniversaire, Maelys avait reçu un petit chaton qui venait à peine de naître. Elle l’appela Poppy (en anglais : coquelicot) car en effet, c’était sa fleur préférée. C’était la petite mascotte des jumeaux. La petite fille adorait le chouchouter. La dernière année à l’école élémentaire allait bientôt se terminer. Mai 2005. Tout allait pour le mieux, les résultats scolaires étaient largement plus que satisfaisants. Les jumeaux allaient pouvoir passer au collège sans problème. Leur père pensait même au moment où ils iraient à l’université. S’ils continuaient sur cette voie, il était sans doute qu’il allait inscrire leur candidature à la grande université de Cambridge. Il était très optimiste sur ce point et fier d’eux. Etant encore des enfants, ils étaient désespérés devant son attitude et son envie d’être précoce. En tout cas, la vie suivait son train quotidien. Ils allaient en cours, restaient attentifs, par moment faisaient leurs petites bêtises, s’amusaient avec les autres, ensemble, etc, etc. Mais un jour, il y eut quelque chose … d’anormal, très anormal.
Maelys s’amusait avec ses amies puis quand il fut l’heure, elle sortit de l’école en leur compagnie. Pour une fois, Gabriel la laissait rentrer toute seule avec elles. Il était tout de même un peu anxieux mais ses amis le rassurèrent. Il fallait bien un temps où ils devaient un peu se séparer. Il ne pouvaient pas être toujours dépendants l’un de l’autre ! Ce serait une vie insupportable, pour les autres comme pour eux. Il tourna alors le dos à sa sœur.
Pendant qu’il commençait une partie de ballon avec les garçons, sa sœur admirait une vitrine d’un magasin de bonbons dans une rue assez éloignée de la maison. Ses amies étaient avec elle. Soudain, un garçon, qui devait être âgé d’une quinzaine d’années passa par là et la vit. Il n’avait pas l’air vraiment digne de confiance. Il attira l’attention des petites filles en les saluant et en observant avec elles la vitrine puis elles partirent tour à tour sous prétexte que leur mère les attendaient sauf Maelys qui resta là, hésitant à entrer ou pas. Un sourire aux lèvres, le jeune garçon lui annonça qu’il connaissait une autre boutique plus loin, encore mieux que celle-ci. Elle le suivit mais remarqua qu’au lieu d’aller à cette boutique « imaginaire », ils se rendaient dans une ruelle sombre. Maelys était si naïve qu’elle l’avait cru… En plus de ça, elle n’était pas très perspicace comme son frère mais elle comprit enfin les intentions du jeune garçon lorsqu’il se fit plus indiscret.
A plusieurs rues d’ici, Gabriel était toujours en train de jouer avec ses amis… Il ne pensait plus à sa sœur. De toutes façons, il avait renoncé à l’accompagner parce qu’il avait jugé qu’elle était assez grande pour se débrouiller seule, sans lui. Même s’il était sa moitié.
Mais il ne savait pas qu’à ce moment là, elle était en danger. Plusieurs minutes passèrent. Soudain, Gabriel eut comme une mauvaise intuition. Il s’arrêta subitement de jouer, creusant au fond de ses pensées pour savoir pourquoi il avait fait ça. Ses amis le regardèrent avec étonnement et s’arrêtèrent à leur tour. Puis sans raison, il se mit à courir dans le but de rechercher sa sœur. Etrangement, il savait exactement où aller puis la retrouva sans tarder. Celle-ci était en très mauvaise posture, le garçon la menaçait de sa main.
Tout à coup, alors qu’il s’apprêtait à la frapper, sa main stoppa net avant de la toucher comme si elle était paralysée. Il retourna la tête et vit Gabriel, les yeux emplis de fureur. Sa sœur poussa un cri aigu. Hors de lui, il pointa son doigt sur l’inconnu et hurla…
« Enlève tes sales pattes de ma sœur ! »Le garçon le regarda et éclata d’un rire moqueur.
« Ah oui et si je ne le fais pas ? Qu’est-ce que tu crois pouvoir me faire, minus ? »Il s’approcha de Gabriel dangereusement, s’apprêtant à s’en prendre à lui maintenant… Gabriel recula, un peu effrayé. Maelys se mit soudain à crier une nouvelle fois son prénom. Elle eut peur qu’il lui arrive quelque chose à cause d’elle. Il brandit sa main devant lui et soudain, le garçon stoppa net. Il avait les yeux écarquillés et le regardait d’un air ahuri. Une nausée le surprit puis il se cambra, tenant son ventre de ses deux bras. Tout à coup, il se mit à vomir… des limaces (les mêmes que dans hp2 XD ! Si, si j’vous assure ! Exactement les mêmes XD !).
Gabriel le regarda sans rien comprendre. Sa sœur était immobile. Ca n’arrêtait plus. Horrifiée et en même temps dégoûtée, Maelys se précipita vers son frère…
« Qu’est-ce… Qu’est-ce qui se passe ? Grand… Grand frère, qu’est-ce que tu lui as fait ? »Gabriel mit ses mains devant les yeux et se mit à les contempler machinalement. Etait-ce… réellement de sa faute ? Le garçon devant eux, toujours en train de vomir, s’écroula au sol. Gabriel se releva, tira sa sœur par le bras, toujours paralysée et tremblante. Ce n’était pas un très beau spectacle… Ils rentrèrent tous les deux en courant à la maison sans un mot. Arrivés, ils jurèrent de ne rien dire à leurs parents. Ceux-ci les surprirent dans le couloir et donnèrent à Gabriel une lettre qui lui était destiné. C’était étrange, on ne lui en avait jamais envoyé mais lorsqu’il l’ouvrit… Il découvrit… Une lettre d’un étrange ‘ministère’. Rien qu’en lisant ce mot, il ne comprenait pas comment on pouvait lui envoyer un tel message. Il fut d’autant plus surpris lorsqu’il vit que quelqu’un était déjà au courant de ce qu’il venait de se passer dans cette ruelle à cet inconnu cracheur de limaces. Alors… C’était bien de sa faute ! Il prit peur et jeta la lettre au sol. Sa sœur la ramassa, de sa main fébrile et se mit à la lire pendant que son frère montait en hâte les escaliers pour se cacher dans sa chambre.
Cette lettre expliquait également comme quoi le sort avait été levé et que le garçon en question avait reçu un sortilège d’oubli. Maelys était en même temps effrayée et soulagée… Ils ne risquaient plus rien, alors… Mais qu’est-ce qu’était ce ministère ? De quoi parlaient-ils ? Elle rangea la lettre dans sa poche et monta voir son frère. Ils se rassurèrent l’un l’autre. Gabriel était en larmes, il s’excusa pour l’avoir laissé partir seule à la maison et pour lui avoir fait peur.
Ils mirent plusieurs jours pour se remettre de cet événement dont seuls eux deux et … le ‘ministère’ étaient au courant. A l’école, c’était un peu plus dur, on s’inquiétait pour eux mais ils ne disaient rien. De toutes façons, il était trop tard pour les faire reculer, ils étaient déjà inscrits à leur prochain collège.
Seulement…
La lettre du destin
Au moment où ils tournèrent enfin la page, une nouvelle lettre semblable à celle du ‘ministère’ arriva pendant les vacances d’été. Gabriel ne voulut même pas l’ouvrir mais sa sœur le força. Pour lui, c’était comme si on remuait le couteau dans la plaie. Il savait qu’il était anormal et dans celle-ci, tout se confirma.
La nouvelle était… effrayante. Etait-ce une blague ?
Alors elle était de très mauvais goût. Il n’y croyait pas ses yeux. Sa sœur non plus.
On lui annonçait comme ça, alors qu’il s’apprêtait à entrer à un collège normal, qu’il n’était pas comme les autres… Il allait devoir entrer dans une autre école… de… sorcellerie ? Poudlard ?
Maelys ne dit rien.
Elle jeta un coup d’œil tour à tour à la lettre puis à son frère. Ils la relurent tous les deux au moins une vingtaine de fois, se demandant si tout était vraiment réel. Gabriel était… un sorcier ? Il avait des pouvoirs… Il se croyait en plein rêve éveillé… Vite, Maelys, pince-le !
C’était la réalité aussi incroyable soit-elle. Ils n’en dormirent pas de la nuit et ne cessèrent de se poser des questions. Pourquoi seulement Gabriel ? Lui et Maelys n’étaient-ils pas jumeaux ? Faux-jumeaux en vérité… C’était peut-être pour cette raison qu’ils n’avaient pas tous les deux bénéficié de pouvoirs… Gabriel ne cessa de scruter ses mains, se remémorant en même temps ce garçon sur qui il avait commis les preuves de son pouvoir…
Enfin, il devait réfléchir… Pouvait-il refuser ? Il ne voulait pas abandonner cette vie pour une autre… Surtout, il ne voulait pas être séparé de sa sœur, sa tendre petite sœur.
Il décida de tout révéler à ses parents qui furent aussi sous le choc. Ils ne le crurent pas même lorsqu’il montra la lettre. Il insista plusieurs jours. Ils voulurent presque l’envoyer chez un psychiatre mais sa sœur l’encouragea et le défendit. Elle le persuada difficilement à accepter cette inscription et de toutes façons, il n’avait apparemment pas le choix. Si c’était Maelys qui lui disait d’y aller, il était d’accord…
Tous les deux insistèrent auprès de leurs parents pour qu’ils les croient mais rien à faire. Mais c’était compréhensible… Comment des adultes pouvaient croire des gamins de 11 ans leur racontant des sornettes sur la sorcellerie et le destin ? Mais Maelys et Gabriel n’avaient pas dit leur dernier mot, ils étaient corriaces et n’abandonnèrent pas.
Pour leur faire plaisir, toute la famille se rendit quand même là où Gabriel devait acheter ses prochaines fournitures avec appréhension. Le « Chaudron Baveur » n’avait pas l’air très bien fréquenté. Leur père leur demanda la provenance de cette lettre… : Poudlard.
Ils furent étonnés de découvrir que… tout était bel et bien réel. C’était la stricte vérité. La longue journée qu’ils passèrent au Chemin de Traverse serait trop longue à raconter tellement elle était remplie de péripéties et de découvertes en tout genre. En tout cas, personne n’osait croire qu’un tel monde avait pu exister auparavant… C’était comme dans un rêve… Un cauchemar ?
Dures séparations, un duo qui se déchire
Maelys et Gabriel profitèrent pleinement des derniers jours de vacances car ils allaient bientôt être séparés pour la première fois, plus d’un jour. La tension serait certainement insoutenable. Maelys jura de ne pas pleurer lorsqu’il partirait, lui non plus d’ailleurs. Ils ne voulaient vraiment pas se quitter. Ils essayèrent de ne pas penser à ça lors des derniers instants où ils se voyaient… Tout était arrivé trop vite. Pourquoi fallait-il que le destin les sépare ? Eux qui étaient si unis, eux qui ne pouvaient vivre l’un sans l’autre, pourquoi fallait-il que ce soit eux les victimes de cette séparation ? Gabriel ressentait une sorte de haine, de l’appréhension avant d’aller dans cette école inconnue prétendue célèbre dans le royaume de la magie…
Le grand jour arriva… La veille, Gabriel et Maelys étaient restés seuls, tous les deux et avaient passé la journée à repasser par tous leurs endroits préférés : le parc, le plan d’eau, le magasin de bonbons, etc. Maelys avait juré de ne pas pleurer, elle ne pleura pas. Mais lorsque ce grand jour arriva, elle était au bord des larmes… Aucune ne déborda, aucune ne coula. A lui non plus.
Lors de la dernière nuit, ils dormirent ensembles, l’un dans les bras de l’autre… Deux petits enfants innocents, à l’air insouciant pourtant l’intérieur était plus que tourmenté… Et pour cause, ils allaient suivre une voie différente… Ils ne pourraient plus se voir pendant longtemps. Il y avait toujours les vacances mais ce n’était pas pareil. Ils auraient changé, leurs liens se seraient peut-être desserré. Ils ne l’espéraient pas. Maelys allait aussi dans un pensionnat, une école privée de filles uniquement.
Gabriel transporta sa valise dans la voiture. Précédemment, au petit-déjeuner, personne n’avait dit un mot. Les parents avaient l’air extrêmement nerveux autant pour Gabriel que pour Maelys mais surtout pour le garçon.
C’était son père qui allait le conduire à la gare de King’s Cross. Avant de partir, il serra très fort sa petite sœur, déjà en uniforme. Puis il la regarda un long moment, pour s’imprimer un souvenir d’elle maintenant. Elle avait juré de ne pas pleurer mais dès qu’il mit un pied dans la voiture, ses larmes se mirent à couler à flots.
« Je ne tiens plus Gabriel, je suis désolée… Porte toi bien dans ta nouvelle école ! »Si jeune et pourtant si mature, elle savait les mots qui le marqueraient toujours. Il se mit aussi à pleurer. Elle se précipita vers lui et le serra une nouvelle fois dans les bras. Les parents eux aussi ne pouvaient retenir leurs émotions. Puis Gabriel partit avec en dernière image une petite sœur qui courait derrière la voiture faisant voleter les pans de sa jupe et ses cheveux, ondulés…
« Poudlard, me voilà. »